En décembre 2015, l’IFOP et Comarch publient une étude sur « le magasin du futur », ou la représentation que se font les français du magasin connecté en 2030. Une étude particulièrement pertinente pour les dynamiques en jeu, notamment avec les dispositifs interactifs.

Une mise en avant des outils numériques et interactifs

Ce que met au jour cette étude, c’est avant tout la révélation d’un imaginaire commun qui se projette vers une généralisation des outils numériques et interactifs. En effet, 88% des français, toutes générations confondues, pensent que l’affirmation « la plupart des magasins physiques seront équipés d’outils numériques » correspond à la manière dont ils s’imaginent faire leur shopping. De même, pour 78% d’entre eux, les caisses auront disparu et auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés, et 54%, soit plus d’un français sur deux, pense que les vendeurs seront remplacés par des outils numériques.

Le « digital in store », c’est voir apparaître des bornes interactives, des totems et écrans tactiles, avec des applications adaptées à chaque commerce, mais aussi des systèmes de paiement alternatifs, dématérialisés, comme l’utilisation de la NFC. Ces outils, s’ils ne rendront pas totalement obsolètes les vendeurs, constitueront un point d’attraction, en back-up ou en remplacement de certaines fonctions des commerçants.

La personnalisation, une forme d’ingérence ?

Toutefois, si le magasin connecté fait rêver, il reste qu’une grande partie des français est toujours très attachée à son magasin physique. Bien que 70% de la population pense qu’il y aura de moins en moins de magasins physiques, on constate un réel penchant pour la matérialisation, notamment pour des biens spéciaux, tels que le bricolage, la beauté, la décoration, ou encore l’habillement. De même, la personnalisation, perçue comme une forme d’ingérence, est, toutes générations confondues, majoritairement rejetée.

Des tendances qui révèlent la marche à suivre

Il ne faut cependant pas en rester là et complètement rejeter la personnalisation ou la transformation du magasin physique. En effet, en se concentrant sur les moins de 35 ans, on constate que 70% d’entre eux « pensent que le ciblage des offres promotionnelles est une bonne chose », et 64% « sont intéressés à l’idée de recevoir des notifications promotionnelles sur le lieu de vente ». De fait, si le magasin connecté peut faire peur, les moins de 35 ans sont tout de même enclins à son développement. Ainsi, s’orienter vers le numérique et l’interactif, c’est miser sur une clientèle jeune, issue des générations connectées.

De plus, avoir ces informations en amont permet de savoir quelle stratégie adopter pour séduire la clientèle, par exemple pas de localisation trop pointue qui serait vue comme une forme de surveillance mais des notifications personnalisées, adaptées à chaque client.
Enfin, on peut rapprocher cette enquête de concepts qui ne cessent de prendre de plus en plus d’importance, et pour lesquels s’équiper ne fait qu’augmenter l’attractivité du commerce. Par exemple, le web-to-store, déjà en jeu dans le processus d’achat d’aujourd’hui, semble tendre vers une stabilisation. Présentement, 40% des achats en matériel hi-fi ainsi qu’en électroménager se font suivant le web-to-store, et dans le futur, cela va en atteignant de plus en plus de marchés.

Le magasin du futur, ou le « magasin connecté », c’est donc avant tout une nouvelle forme de magasin physique, amélioré, enrichi, et qui saura s’adapter aux besoins des clients, mais aussi aux besoins de chaque commerce, puisque les dispositifs interactifs se mettront à leur service.

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